
Dédramatiser
George Wright est thérapeute. En compagnie du commandant Robert Piché, connu pour son atterrissage héroïque aux Açores en 2001, et de la thérapeute Florence Béliard, il donne des séminaires de deux jours, à Québec et à Montréal, pour aider les gens à vaincre leur peur de l’avion.
«Le premier jour, on aborde le côté rationnel – issu du cerveau gauche – de la peur en avion. Comprendre comment un avion vole et connaître les mesures de sécurité prises par les compagnies aériennes est rassurant», explique George Wright. Ce volet technique est confié au commandant Piché qui explique les principes d’aviation : météorologie, rudiments du pilotage, exigences de l’emploi, sécurité, contrôle et trafic aérien, construction et entretien des avions, etc.
Mais quand, à la fin de la journée, on demande aux participants s’ils seraient prêts à prendre l’avion, la plupart répondent non ! C’est que la peur irrationnelle est logée dans le cerveau droit. «C’est là que Florence et moi entrons en jeu pour expliquer l’aspect psychologique de la peur et amener les gens à découvrir les événements à l’origine de la leur. Parce que la majorité des gens ne craignent pas l’avion, mais plutôt ce qu’il représente pour eux», poursuit George Wright.
Le cerveau réagit à quatre niveaux de danger
•Le danger réel est celui vécu quand on fait face à un ours par exemple.
•Le danger imaginaire survient, notamment, quand on entend un chien japper et qu’on l’imagine très méchant.
•Le danger virtuel se présente sous la forme d’un cauchemar.
•Enfin, le danger symbolique est l’interprétation que l’on fait d’une situation en fonction de notre vécu.
«Le problème, c’est que, face à une situation, le cerveau ne se demande pas à quel niveau est le danger, raconte George Wright. Pour lui, tout est réel. Il réagit en fonction du niveau de stress ressenti. Bref, même si en avion le danger est symbolique, il envoie un signal d’alarme comme s’il était réel.
D’une peur à l’autre
En avion, l’objet de la peur varie d’une personne à l’autre : peur du décollage, de l’atterrissage, des turbulences, de manquer d’air, de l’écrasement... Pour atténuer ces peurs, voici des informations utiles.
Écrasement
D’accord, prendre l’avion n’est pas dépourvu de tout danger. Et un avion qui s’écrase, c’est impressionnant. Il faut toutefois admettre que les possibilités d’un écrasement sont infimes. «L’avion est le moyen de transport le plus sécuritaire du monde, assure Andrée Letarte. Sur les millions de vols aériens faits chaque année, on compte très peu d’accidents, alors que des centaines de gens se tuent chaque jour en auto. On risque bien plus de mourir en voiture qu’en avion. Et si l’on était logique, on aurait davantage peur de voyager en auto qu’en avion. Mais parce que l’on prend la voiture régulièrement, on s’y est habitué. On ne dit pas en embarquant : ‘‘Les risques que je meure sont grands.’’ Donc, avant et pendant un vol, au lieu de se dire : ‘‘Tout à coup l’avion s’écrase’’, on répète ce discours intérieur basé sur une information réelle : ‘‘J’ai un peu peur parce que je ne suis pas habituée en avion, mais c’est normal. J’ai la chance d’utiliser le transport le plus sécuritaire du monde. Je suis en sécurité. Ce serait bien pire, si je prenais la voiture.’’ Autre geste rassurant : observer l’équipage et les passagers qui sont sereins. On s’attarde également sur les éléments plaisants du voyage.»
0 pour les commentaires "Voyagez en avion - Volez en paix! (suite 1)"