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Dire adieu aux illusions

Extrait du livre: Dire adieu aux illusions
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Dire adieu aux illusions

LA PERSONNALITÉ AU SERVICE DE L’ÊTRE
 

Une des grandes illusions de l’être humain a été de croire que son identité était confinée à sa personnalité. Il y a eu confusion entre le véhicule et le voyageur. La réalité, c’est que le voyageur, l’être, utilise le véhicule, c’est-à-dire le corps et la personnalité, pour se rendre à la destination qu’il a choisie. Mettre la personnalité au service de l’âme est une attitude à développer dans chaque sphère de sa vie. L’âme connaît son « terminus » et connaît le bien fondé de chacune de ses expériences. Dès que la personnalité s’isole de l’âme et poursuit des buts personnels, une énorme tension est créée, car elle n’a pas accès à l’intelligence du cœur et à la conscience du but poursuivi. Devant une telle absence de moyens, pas étonnant que l’anxiété soit au rendez-vous !

Sans nous étendre sur les raisons qui ont provoqué cette scission, attardons-nous plutôt aux moyens à prendre pour rétablir la communication.

 J’ai observé une constante chez les personnes qui requièrent mes services en consultation : elles ont perdu le contact avec leur être profond, leur raison d’être. Ce phénomène occasionne des états de stress, de crise, de maladie, de dépression, souvent déclenchés par des événements de perte, de défis ou de grands changements. Comprenons que c’est l’âme dans son besoin de guérir ou d’équilibrer un aspect de la personne qui attire à elle les circonstances déstabilisantes, car elle poursuit toujours son but. Elle commence par attirer des situations où l’apprentissage peut se faire en douceur. 

Tant que la leçon n’est pas comprise et que la guérison intérieure n’a pas été complétée, l’âme inlassablement, sans aucune forme de jugement ni d’impatience, magnétise des circonstances propices aux prises de conscience. 

Celles-ci sont perçues comme des épreuves par la personnalité et les dites épreuves vont toujours en amplifiant, jusqu’à l’intégration de chaque prise de conscience. Nous avons donc tout avantage à nous questionner chaque fois que nous nous retrouvons dans une situation jugée désagréable, car celles-ci semblent s’empiler comme les devoirs d’écoliers laissés en plan.  Les épreuves sont des occasions par excellence pour s’arrêter, s’intérioriser et observer. Mais au début, c’est le choc ; la révolte et l’impuissance nous envahissent. Comme nous avons appris à chercher les causes à l’extérieur, nous perdons un temps précieux dans des démarches de toutes sortes, espérant trouver la solution miracle, la cure miracle, la personne miracle qui nous sortira de notre cauchemar.

Prendre le déclencheur pour la cause, non seulement nous garde dans l’illusion, mais nous garde dans l’impuissance et la souffrance.

Nous possédons en nous la force nécessaire pour assumer ce que nous avons inconsciemment créé. 

Encore faut-il admettre cet énoncé. J’ai vu bien des gens résister à cette approche, au point d’augmenter grandement leur état de souffrance. On dit que les épreuves font grandir. Cela est vrai dans la mesure où la personne s’ouvre à transformer certaines attitudes. Dès que l’on comprend que les épreuves ne nous sont pas envoyées de l’extérieur, mais qu’elles sont en résonance avec les aspects de nous qui cherchent à s’équilibrer, alors une ouverture se crée et la personnalité cesse de résister au désir de guérison de l’âme. Une fois l’état de choc passé et les frustrations amadouées, on peut amorcer l’étape de la guérison intérieure. 

Nous savons que pour guérir, il faut soigner. Nous avons appris à le faire avec le corps physique. Mais qu’en est-il des maux de l’âme, le mal de vivre, l’insécurité, la peur et la souffrance pour ne nommer que ceux-là. N’ont-ils pas aussi un grand besoin d’être soignés ? 

Prendre conscience que son être a besoin de soins rétablit aussitôt le contact entre l’âme et la personnalité.  Il y a un lâcher prise qui s’opère : « Bon, d’accord, j’admets que j’ai besoin de m’arrêter, de prendre soin de moi. » 

Ce qui est évident dans le cas du corps physique l’est beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’un  mal intérieur. Il est plus facile de suivre à la lettre un régime pour faire baisser le taux de sucre ou de cholestérol que de savoir de quoi l’âme a besoin pour s’unifier. Le médecin qui prescrit un régime ou une période de repos se base sur les symptômes du corps physique. Le médecin de l’âme, quant à lui, se base sur les symptômes subtils du mal-être. Et une fois que ce mal a été détecté et ciblé, nous pouvons faire appel à notre thérapeute intérieur pour prodiguer les soins les plus appropriés. Chaque être humain possède en lui les clés de sa guérison. S’il est vrai que notre vie est le résultat de nos croyances, en voici une à cultiver précieusement. Bien sûr, cet énoncé n’est pas une nouveauté, mais nous avons besoin de trouver comment le mettre en pratique au quotidien. 

Précisons d’abord qu’il n’existe aucune « recette » universelle, car chaque personne est unique. Disons que nous possédons tous les mêmes composantes de base, organisées différemment. De ce fait, il existe autant d’approches qu’il y a d’êtres humains et par conséquent, un grand nombre de « vérités » aussi valables les unes que les autres. Pour accéder à sa propre vérité, il suffit de porter attention à ce que l’on ressent. Comme le ressenti n’est pas connecté au rationnel, la seule manière de l’aborder est de le laisser être et de l’observer. 

Le ressenti contient toute l’information nous permettant de connaître nos besoins réels et d’en prendre soin. Voyons de plus près au moyen de quelques exemples. 

Au travail, Suzanne vit une période très occupée et cela lui occasionne du stress. Elle sent que la pression monte de plus en plus et elle commence à ne plus avoir envie d’aller travailler lorsqu’elle se réveille le matin. Elle pousse souvent de longs soupirs lorsqu’elle est seule; elle se sent parfois agressive ou impatiente pour des vétilles. 

Ce genre de situation est évidemment très courante et de ce fait on serait porté à penser qu’elle est anodine. Cependant, elle pourrait aisément conduire à un burn-out si Suzanne ne tenait pas compte de ce qu’elle ressent, se croyant coincée et obligée de performer. Si une telle croyance l’habite, une collègue lui fera peut-être remarquer qu’elle est trop douillette, lui reflétant ainsi sa propre croyance. Ici, les symptômes sont à la fois physiques et comportementaux. Le corps autant que la psyché envoient des signaux d’alarme. Bien entendu, quand ils sont ignorés, les signaux passeront de l’alarme à la détresse et à un moment, le corps ou les nerfs craqueront. Le seuil de tolérance au stress est très variable d’une personne à l’autre et il y a bien autre chose que le système nerveux en cause.

Supposons que Suzanne ait toujours cru qu’elle devait faire le maximum pour être appréciée, la tension sera plus forte chez elle que chez une autre personne qui se sent aimée telle qu’elle est. De même la tension montera encore plus si elle a peur de faire des erreurs ou de ne pas être à la hauteur du défi qui est devant elle. Ajoutons à cela une relation plus ou moins saine avec son patron et nous obtenons une belle brochette de « dossiers » personnels à régler par le biais d’une circonstance qui se présente en milieu de travail. 

Voyons maintenant vers quelles pistes l’observation des symptômes pourrait nous conduire. 

1)     La perte d’envie d’aller au travail se classe parmi les symptômes que nous appellerons : absence de joie de vivre. Voilà un signe à prendre au sérieux, car la joie de vivre est l’état naturel d’un être humain en santé. Nous la perdons lorsque nous sentons une pression soutenue qui occasionne stress et insécurité. Quel pouvoir avons-nous alors sur la pression qui s’exerce sur nous ? Le même pouvoir que nous avons d’ouvrir ou non lorsqu’on sonne à sa porte ! N’est-ce pas notre privilège de laisser enter qui nous voulons ? Alors si nous sentons une pression venant de l’extérieur, est-ce à dire que nous avons, consciemment ou non, permis qu’elle s’exerce, ou à tout le moins que nous n’avons rien empêché ? Les symptômes d’inconfort créés par une telle attitude nous invitent à un ajustement en vue de retrouver un équilibre. Si nous avons la responsabilité d’avoir laissé entrer quelqu’un, n’avons-nous pas aussi celle de l’inviter à sortir. Car enfin, on ne peut blâmer quiconque d’être entré lorsqu’une porte était ouverte ! Et si personne d’extérieur n’était en cause, impliquant que toute la pression viendrait de l’intérieur ! Ce phénomène, pourtant très répandu, est rarement conscientisé. Il est causé par une faible estime de soi, qui porte la personne à exiger d’elle-même la perfection, croyant qu’elle ne sera plus appréciée si elle fait des erreurs. Dans la plupart des cas, le vécu de l’enfance a confirmé et cristallisé un manque de confiance apporté par l’âme à la naissance. Développer la confiance en soi est pour bien des gens un défi majeur. C’est pourquoi il n’est pas surprenant de voir leur vie jalonnée de situations où d’autres personnes semblent ne pas leur faire confiance. Ce reflet de leur propre manque de confiance peut leur servir d’indice pour vérifier où ils en sont dans cet apprentissage. En définitive, les critiques et les pressions extérieures sont le signe d’une critique et d’une pression intérieure correspondante. Admette cela permet de rependre les rennes de sa vie et fait fondre l’illusion.  

2)    Le fait de pousser de longs soupirs  est le signe qu’on se languit de quelque chose. Vous aurez peut-être deviné que ce sont les soupirs de l’âme ; mais de quoi se languit-elle ? Elle attend sans doute le moment où la personne comprendra qu’elle n’a pas besoin d’être autre chose que ce qu’elle est pour être heureuse et en harmonie. Une vieille histoire orientale raconte qu’un sage avait utilisé la nature pour faire comprendre cette notion à ses disciples. Il disait : « Regardez ces deux arbres qui vivent côte à côte dans mon jardin. L’un est grand et fort, l’autre est petit et souple. Semblent-ils se nuire ? Non, au contraire, ils ont l’air d’être en parfaite harmonie. Chacun honore le divin en étant ce qu’il est. Et si le divin vous a créés comme vous êtes, c’est parce que la vie a besoin de vous tels que vous êtes. S’il avait voulu des bouddhas, Dieu en aurait créé des centaines, mais il vous a créé vous ! Alors pourquoi voulez-vous être autre chose ? Vous ne trouverez jamais l’harmonie ainsi. »[1] 

3)  La plupart du temps, les mouvements d’impatience ou d’agressivité sont déclenchés par un élément qui n’a rien à voir avec la véritable source d’un malaise. Nous avons eu un entraînement si efficace à taire nos réactions et nos émotions que nous en avons graduellement perdu le contact. Les sautes d’humeurs sont provoquées par nos états de frustration. Pour les enrayer, rien ne sert d’essayer de se contrôler et de jouer les gentils ! Cela n’en sera que pire. Les sautes d’humeur sont comparables à un avertisseur de fumée : il déclenche seulement lorsqu’il y a une cause de fumée. S’il y a un début d’incendie, on s’affairera d’abord à l’enrayer plutôt qu’à faire taire l’avertisseur. Pourquoi n’est-ce pas aussi évident lorsqu’il s’agit de notre réalité intérieure ? Notre avertisseur fait pourtant bien son travail. Il attire notre attention par des symptômes lorsque nous ne respectons pas nos limites et que nous nous traitons sans ménagement. Tout problème non traité finit par s’envenimer, c’est bien connu. Il en est ainsi de notre santé, de notre bien-être intérieur et de nos relations. Très rarement un problème, une maladie, se présentera comme grave au début. C’est à force d’ignorer les symptômes qu’une situation amplifie et s’envenime. C’est souvent au moment où un inconfort devient insupportable que l’on réagit. Comme il serait moins souffrant d’être attentifs à tous ces petits signes et de les traiter à mesure qu’ils se présentent ! À tout moment nous pouvons choisir de simplifier notre vie en mettant notre bien-être en priorité.  On pourrait objecter : « Mais il me semble pourtant avoir tour fait pour régler ce problème ! Pourquoi ma situation continue-t-elle d’empirer ? » Faire, est-ce toujours la solution ? Le non faire, l’observation et le silence sont parfois les meilleurs atouts pour détecter la véritable source d’un problème. Nous nous attaquons trop souvent aux symptômes, alors que ceux-ci cachent une réalité que l’intuition pourrait capter. Si une situation désagréable perdure après que l’on ait tout fait pour y remédier, il est logique d’en déduire que la véritable source du problème n’a pas encore été découverte. Poursuivons avec un deuxième exemple :

 

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[1] Inspiré du Tarot de Rajneesh, Ed. Le Voyage Intérieur, 1991

A propos de l'auteur

XemmeX

Webber a écrit 8 articles pour http://confor.ca/.

Voici un extrait du livre de Mme Nicole Dumont qui en plus d'être auteure, elle est formatrice et conférencière.

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